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14 mars 2019

Carte blanche à l'aumônier

Je viens de lire, avec beaucoup de curiosité et grand intérêt, le dernier livre du Père Joseph Moingt (photo jointe), théologien jésuite français de 103 ans, bien connu et écouté pour sa parole libre. Je vous en recommande la lecture décapante, qui vise la vérité du christianisme non enfermée en lui-même.

Joseph Moingt : L’esprit du christianisme. Editions Temps Présent, 2018. 285 pages.

« De l’Avant-propos, - au sous-titre « Humanisme et mission : 31 juillet 2016. Fête de Saint Ignace de Loyola », - j’ai extrait ce paragraphe de la page 31 qui donne clairement le sens de sa démarche intellectuelle et de sa réflexion pour aider l’Eglise à être audible aujourd’hui.

« Or, il ne paraît plus ni possible ni même permis aux chrétiens d’aujourd’hui de parcourir le monde pour y implanter en tout lieu la foi au Christ avec la visée inconditionnelle de « la plus grande gloire de Dieu » : la mission, ainsi comprise, résonne comme un appel à la conquête, à la propagande, au prosélytisme que nos sociétés laïques ne tolèrent plus, qui risque de ranimer les luttes religieuses, qui est devenu étranger à l’esprit de la plupart des chrétiens et dont l’Eglise catholique n’a plus les moyens. Mais l’identification de la mission à un embrigadement ne s’impose que si l’on réduit le christianisme à la religion, il n’en va plus de même si on vise avant tout, comme le voulait Jésus et l’a compris Ignace, à répandre l’esprit évangélique dans la vie et les mœurs du monde, ou si on entend l’esprit du christianisme, à la façon de Chateaubriand, comme la charte humaniste, le projet civilisateur qu’il félicite l’Eglise d’avoir assumé au long de son histoire. Tous ne seront pas d’accord sur ce jugement, des laïques le trouveront trop louangeur, des croyants trop réducteur, d’autres objecteront que nous ne sommes plus au temps de la « modernité », que l’humanisme n’est plus à l’ordre du jour et a cédé la place au « posthumanisme » ou « transhumanisme ». Il se peut malheureusement que cette dernière estimation doive être prise très au sérieux, mais ce serait alors un motif de remettre en valeur l’ambition « humaniste » de la mission chrétienne, si celle-ci accepte de l’intégrer à son programme ».

Bonne lecture !

Père Dominique Bouzy


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